Un article récent propose d'abandonner la thèse traditionnelle selon laquelle la prospérité de Glanum hellénistique et romain est due à son sanctuaire de Veau guérisseur : l'origine de sa fortune devrait être recherchée dans la transhumance, dont Glanum serait une étape obligée, un sanctuaire-marché où prédominerait le culte d'Hercule protecteur des troupeaux. La proposition se heurte à une série de difficultés. D'ordre chronologique : la période la plus brillante de Glanum (IIe s. avant J.-C.) est bien antérieure à l'introduction de la grande transhumance dans la région (à partir de la seconde moitié du Ier s. avant J.-C, et principalement au IIe s. de notre ère), liée à la fondation de la colonie romaine d'Arles (46 avant J.-C.). D'ordre géographique : Glanum reste à l'écart des itinéraires de transhumance les plus anciens, et ne se situe pas au contact entre plaine et alpages comme les villes-marchés. D 'ordre archéologique et technique : les aménagements supposés servir à abreuver et compter les moutons, les édifices interprétés comme commerciaux, ont en réalité un tout autre usage. D'ordre religieux enfin : la présence de Valetudo et d'ex-voto à représentations anatomiques atteste le caractère guérisseur de l'eau glanique ; Hercule est ici, comme à Danobriga en Lorraine, protecteur de la source et thérapeute.
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