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L'usage social du mot « territoire » tend à proliférer sur fond de mondialisation. La géographie francophone fait aussi un usage immodéré de la notion. Paradoxe apparent qui propulse les territoires contemporains dans le collimateur de ses détracteurs qui y voient un objet obsolète (produit de la modernité et relégué par une postmodernité déterritorialisante), réducteur (qui ne permet pas de saisir la dimension mobile des rapports à l'espace) et mystifiant (qui occulte les véritables enjeux sociaux et participe du démantèlement de l'État providence). Ces critiques appellent davantage une conceptualisation du terme que son abandon, tant la complexité territoriale est une donnée de la postmodernité. La perspective de l'abandon n'est d'ailleurs pas d'actualité puisque les usages vont actuellement du mot-valise, synonyme d'aire ou d'espace, à la notion spécifique en géopolitique, synonyme d'extension bornée de la souveraineté étatique. Entre ces pôles extensifs et restrictifs de l'usage de la notion, géographies culturelles et politiques convergent sur le caractère nécessairement construit de l'objet territoire. Des contradictions subsistent cependant au sein de ces approches constructivistes et les pistes les plus fécondes pour leur dépassement se trouvent du côté de l'intelligence des idéologies et des configurations territoriales. Des propositions sont ainsi émises pour rendre le concept opératoire sur un plan politique : il s'agit notamment de distinguer clairement le terme de celui de zone ou d'espace d'affectation.
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