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Annik Dubied et Marc Lits résument exactement les caractéristiques de ce genre tel qu'il est vu par les manuels : Ainsi, on pourrait dégager les traits communs qui constituent le noyau dur du prototype éditorial : un article en tête du journal, publié à des moments importants seulement, engageant l'éditeur, par la signature d'un responsable ou de la rédaction, et prenant position, en mêlant engagement passionnel et argumentation classique, sur un sujet de quelque importance, en un style recherché.(1997 : 53) 6 Les auteurs d'Écrire au quotidien résument, quant à eux, l'éditorial à la formule suivante : « vitrine idéologique du journal » (1995 : 114).Cette formulation ouvre la voie à plusieurs interrogations : 7 -En quoi l'éditorial est-il encore ou non une vitrine ?Comment se manifeste sa visibilité ?8 -S'agit-il bien de l'opinion du journal ou de celle du journaliste ?Quel est et comment se présente finalement l'énonciateur de l'éditorial ? 9 -Et enfin, de quelle idéologie s'agit-il ?Est-ce qu'exprimer une opinion collective, au nom du journal, ne conduit pas, en quelque sorte, à désubjectiviser ce genre, mais aussi à faire cause commune avec l'opinion publique ?1. Approche péritextuelle de l'éditorial 10 Pour Jacques Mouriquand : « Dans la presse, l'habit fait le moine » (1997 : 96).C'est dire l'importance essentielle de l'habillage de l'article, ce que nous théorisons, pour notre part, autour de la péritextualité.Tout article est en effet accompagné de toute une série de repères péritextuels, les plus connus étant les titres et intertitres, les légendes ou encore les rubriques.La plupart de ces éléments péritextuels relève directement des contraintes du « contrat médiatique », qui, selon Charaudeau, est composé de deux visées contradictoires : la visée d'information et la visée de captation (1997 : chap.4).11 II nous semble opportun de commencer par cet aspect, afin d'examiner la nature textuelle globale -comprenant le péritexte et l'article -de l'éditorial.12 Soulignons d'abord que nous distinguons, à la suite de Léo Hoek, le péritexte de la mise en pages : Tout volume comprend un texte et un paratexte, rendus visibles grâce à leur mise en page (typographie, impression), qui impose au volume sa forme matérielle.Le paratexte est ce par quoi un texte prend sa forme communicatrice tandis que la mise en pages en assure la forme matérielle.(1989 : 3) 13 Dans le cadre de la presse écrite, la forme matérielle du quotidien est définie en fait par deux opérations : la mise en pages ou topographie et la mise en forme (typographie, colonage, etc.).14 D'un point de vue topographique, si on considère les définitions classiques de ce genre, les manuels l'affirment : la place naturelle de l'éditorial est en Une.Quoi de plus naturel en effet, pour une vitrine de l'opinion du journal, d'être en Une, place la plus importante du quotidien, exposition d'un véritable argumentaire de vente qui tisse en quelques mots, voire quelques photos légendées, des liens avec les pages internes.L'éditorial portant spécifiquement sur un des événements jugés les plus importants du jour, il accompagne fréquemment l'appel ou l'amorce de l'information faite en Une, et L'éditorial, « vitrine idéologique du journal » ?Semen, 13 | 2001
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