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Discours sur l'esprit positif.Une édition électronique réalisée à partir du livre d'Auguste Comte (1842), Discours sur l'esprit positif.Suivi de cinq documents annexes.Polices de caractères utilisée : Pour le texte: Times, 12 points.Pour les citations : Times 10 points.Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.Les formules utilisées par Engels dans ce livre ont été réécrites avec l'éditeur d'équations de Microsoft Word 2001.première d'un événement quelconque.Or, d'une autre part, de telles tentatives, quelque puériles qu'elles semblent justement aujourd'hui, constituaient certainement le seul moyen primitif de déterminer l'essor continu des spéculations humaines, en dégageant spontanément notre intelligence du cercle profondément vicieux où elle est d'abord nécessairement enveloppée par l'opposition radicale de deux conditions également impérieuses.Car, si les modernes ont dû proclamer l'impossibilité de fonder aucune théorie solide, autrement que sur un suffisant concours d'observations convenables, il n'est pas moins incontestable que l'esprit humain ne pourrait jamais combiner, ni même recueillir, ces indispensables matériaux, sans être toujours dirigé par quelques vues spéculatives préalablement établies.Ainsi, ces conceptions primordiales ne pouvaient, évidemment, résulter que d'une philosophie dispensée, par sa nature, de toute longue préparation, et susceptible en un mot, de surgir spontanément, sous la seule impulsion d'un instinct direct, quelque chimériques que dussent être d'ailleurs des spéculations ainsi dépourvues de tout fondement réel.'Tel est l'heureux privilège des principes théologiques, sans lesquels on doit assurer que notre intelligence ne pouvait jamais sortir de sa torpeur initiale, et qui seuls ont pu permettre, en dirigeant son activité spéculative, de préparer graduellement un meilleur régime logique.Cette aptitude fondamentale fut, au reste, puissamment secondée par la prédilection originaire de l'esprit humain pour les questions insolubles que poursuivait surtout cette philosophie primitive.Nous ne pouvions mesurer nos forces mentales, et, par suite, en circonscrire sagement la destination qu'après les avoir suffisamment exercées.Or, cet indispensable exercice ne pouvait d'abord être déterminé, surtout dans les plus faibles facultés de la nature, sans l'énergique stimulation inhérente à de telles études, où tant d'intelligences mal cultivées persistent encore à chercher la plus prompte et la plus complète solution des questions directement usuelles.Il a même longtemps fallu, afin de vaincre suffisamment notre inertie native, recourir aussi aux puissantes illusions que suscitait spontanément une telle philosophie sur le pouvoir presque indéfini de l'homme pour modifier à son gré un monde alors conçu comme essentiellement ordonné à son usage, et qu'aucune grande loi ne pouvait encore soustraire à l'arbitraire suprématie des influences surnaturelles.A peine y a-t-il trois siècles que, chez l'élite de l'Humanité, les espérances astrologiques et alchimiques, dernier vestige scientifique de cet esprit primordial, ont réellement cessé de servir à l'accumulation journalière des observations correspondantes, comme Képler et Berthollet l'ont respectivement indiqué.Le concours décisif de ces divers motifs intellectuels serait, en outre, puissamment fortifié si la nature de ce Traité me permettait d'y signaler suffisamment l'influence irrésistible des hautes nécessités sociales, que j'ai convenablement appréciées dans l'ouvrage fondamental mentionné au début de ce Discours.On peut d'abord pleinement démontrer ainsi combien l'esprit théologique a dû être longtemps indispensable à la combinaison permanente des idées morales et politiques, encore plus spécialement qu'à celle de toutes les autres, soit en vertu de leur complication supérieure, soit parce que les phénomènes correspondants, primitivement trop peu prononcés, ne pouvaient acquérir un développement caractéristique que d'après un essor très prolongé de la civilisation humaine.C'est une étrange inconséquence, à peine excusable par la tendance aveuglément critique 8 de notre temps, que de reconnaître, pour les anciens, l'impossibilité de philosopher sur les simples sujets autrement que suivant le mode théologique, et de méconnaître néanmoins, surtout chez les polythéistes, l'insurmontable nécessité d'un régime analogue envers les spéculations sociales.Mais il faut sentir, en outre, quoique je ne puisse l'établir ici, que cette philosophie initiale n'a pas été 8 ... Tendance aveuglément critique... « Critique » signifie ici « négatif », « destructeur » « incapable de construire ».Cette dernière incapacité implique un « aveuglement,» à l'égard de avenir comme du passé.« Critique » s'oppose à « organique ».Ces termes appartiennent au vocabulaire saint-simonien.* Presque toutes les explications habituelles relatives aux phénomènes sociaux, la plupart de celles qui concernent l'homme intellectuel et moral, une grande partie de nos théories physiologiques ou médicales, et même aussi plusieurs théories chimiques, etc., rappellent encore directement l'étrange manière de philosopher si plaisamment caractérisée par Molière, sans aucune grave exagération, à l'occasion, Far exemple, de la vertu dormitive de l'opium, conformément à l'ébranlement décisif que Descartes venait de faire subir à tout le régime des entités.
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