L’analyse de la diffusion spatiale des discours exprimés sur le néolibéralisme depuis les années 1930 permet de mettre en évidence une série de transpositions géographiques associées à des ruptures sémantiques récurrentes. Apparue en France pour désigner un mouvement d’idées européen, la référence au néolibéralisme a ensuite été appliquée à des ensembles géographiques différents (Allemagne de l’Ouest, États latino-américains, monde) pour qualifier des fonctionnements politiques eux-mêmes contrastés. Ces décalages géosémantiques successifs ont abouti à rendre cette étiquette polysémique, confuse et contradictoire. Dans ces conditions, il apparaît nécessaire de chercher à mieux préciser la variété des formes de néolibéralismes qui structurent aujourd’hui l’organisation politique des territoires et des sociétés qui les habitent.
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