Il n’existe actuellement aucun consensus concernant la taxinomie et la constitution de l’hypodigme d’Homo habilis Leakey et al. 1964. Quatre hypothèses majeures sont aujourd’hui avancées à partir des restes crâniens et mandibulaires des spécimens attribués classiquement à Homo habilis sensu lato : (1) tous les spécimens appartiennent à un seul et même taxon : Homo habilis ; (2) deux espèces peuvent être identifiées dans ce groupe : Homo habilis sensu stricto et Homo rudolfensis ; (3) ces spécimens n’appartiennent pas au genre Homo mais au genre Australopithecus ; (4) les spécimens de l’espèce rudolfensis devraient être mis dans le genre Kenyanthropus.Le but de cette étude est de réévaluer de façon critique la variabilité au sein de cet ensemble fossile du Plio-Pléistocène et de tester si les spécimens appartiennent bien au genre Homo. Deux types d’étude ont été entrepris : une comparaison morphologique et une analyse cladistique. Dans cette dernière analyse, l’Unité Taxinomique Opérationnelle (OTU) est constituée par le spécimen et non l’espèce, en l’absence de consensus concernant l’attribution taxinomique des spécimens fossiles étudiés. Ces analyses portent sur les pièces originales provenant d’Éthiopie, du Kenya, de Tanzanie, du Malawi et de République d’Afrique du sud. L’étude morphologique permet de mettre en évidence une variabilité considérable au sein des premiers représentants du genre Homo. Deux espèces peuvent être définies au sein de cet ensemble : habilis et rudolfensis. L’analyse cladistique des 122 caractères crâniens montre l’appartenance de ces deux espèces au genre Homo et non aux genres Australopithecus ou Kenyanthropus.
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