RéSUMéL’extrême nord du Mali se présente comme un terri toire où le désengagement de l’État aurait conduit à la « résurgence » des tribus. Et ce d’autant plus qu’une grande partie des habitants de la région vivent du trafic transfrontalier avec les États maghrébins voisins (l’Algérie surtout), trafic qui paraît au premier abord organisé à partir de réseaux familiaux et tribaux. Or, si les « fraudeurs » eux-mêmes insistent sur le rôle prédominant que jouent les logiques tribales dans leurs affaires, sur le terrain, le trafic dépend largement de la coopération des agents d’État et semble de plus en plus géré de l’extérieur, en dépit des solidarités préexistantes. Cependant, les revenus de ce trafic sont le plus souvent réinvestis dans des signes extérieurs d’« excellence tribale » afin de mener une vie « honorable ». La tribu devient ainsi l’expression d’une ambition d’autonomie morale et politique vis-à-vis de l’État.
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