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Depuis Platon, bien avant lui sans doute, la notion de récit a suscité nombre de débats théoriques et de polémiques.Que de contro-verses engendre encore sa seule définition... Comme le récit fait vibrer certaines cordes essentielles de l'identité humaine, il n'y a aucune raison pour que le phénomène s'interrompe un jour.Il serait naïf de croire que la dimension "médiatique", dans tout ce qu'elle suggère d'exposition et de visibilité, offre Fopportunité de délimiter le territoire du récit et donc de mieux Pappréhender.Car si le médiatique équivaut à une restriction -de la même façon qu'un corpus constitue, pour les analystes de contenu, une réduction de l°univers--il est aussi, dans un mouvement inverse, Poccasion de proliférations et de métamorphoses.Comme l°exprime Ricœur :De nouvelles formes narratives, que nous ne savons pas encore nommer, sont déjà en train de naître, qui attesteront que la fonction narrative peut se métamorphoser, mais non pas 1 Professeur au Département de communication de l'Université catholique de Louvain.Recherches en communication, n° 7, ( 1997)._Ô._2-__._ PHILIPPÊÈRMQRION.-_ mourir.Car nous n'avons aucune idée de ce que serait une culture où l'on ne saurait plus ce que signifie raconterl.Malgré quelques affleurements irréfutables, le récit semble gagner en complexité lorsque la fonction narrative se déplace et s'étoile au gré des territoires des médias.Face à cette évidence complexe du récit médiatique, face aussi aux perspectives de recherche que laisse entrevoir la narratologie médiatique, le texte qui suit repose lui aussi sur l'articulation d"un double mouvement.La première partie, la plus longue, s'inscrira dans une perspective d'ouverture.Pour poser les bases encore fragiles d'une narratologie médiatique, il faut confronter le récit médiatique à quelques traits fondamentaux du médiatique lui-même.Quelles dimensions sont engagées sous cette étiquette, quelles composantes révèle cette appellation dans l'état actuel de notre vie commune avec les médias ' ?Dans un mouvement opposé, la seconde partie opérera un repli sur une seule de ces dimensions évoquées et qui me semble déterminante.Il s"agira d'interroger la narratologie médiatique à partir d'une brève saisie comparative des spécificités et des ressemblances propres à certaines configurations médiatiques courantes.On y abordera les phénomènes de médiagénie et de transmédiagénie.Ouvrir des questionnements, créer ou exacerber des problématiques.Pour se développer, la narratologie médiatique doit se mesurer à de telles incertitudes fécondes.Dans cet esprit, les propos de cet article feront surtout germer des questions d'objet et de cadre disciplinaire tout en proposant quelques hypothèses de réponse. Petit incipit narratologiqueAvant de brosser un portrait de la narratologie médiatique, quelques propositions générales s'imposent afin d'intégrer Fanalyse des récits dans le contexte de la communication narrative.Car le récit n'est ni un énoncé inerte, ni une "fabula" désincarnée.Il doit aussi être envisagé dans son aptitude communicationnelle, dans la relation que sollicite son énonciation2.Si la narratologie porte sur des récits, 1 P. RICCI-EUR, Temps et récit, t. 2, La configuration du temps dans le récit de fiction, Paris, Éd. du seuil, 1984, p. 42.t _NAR.RAfr0LQo1E MÉDIATIQIUEI-rr MÉDIAGENIE DES .RÉ_Ç1TS.t -@Il elle se doit surtout d'examiner la narration en tant que passage à Pacte.En tant que pragmatique relationnelle. Narration historique, narration discursiveSur le plan de l'instance d'énonciation tout d'abord, se pose forcément la question des modalités de présence -ou d'absence-du narrateur, problématique à laquelle on associe volontiers le nom de Genette.Il s'agit alors, comme le rappellent Adam et Revaz, de considérer l'instance de narration comme énonciation narrativel.Dans cette mesure, il semble possible de recadrer, dans le champ spécifique de Pénonciation narrative, le fameux binôme discours/histoire conçu par le linguiste É. Benveniste et rendu célèbre par Barthes.Pour opérer ce recadrement narratif, il faut dépasser une difficulté apparente, celle du terme récit lui-même, souvent utilisé pour désigner la forme histoire?Il me paraît important, cependant, de ne pas cantonner le récit dans la seule forme de Pénonciation de type... récit (histoire) et d'admettre notamment que certaines narrations -et particulièrement certaines formes ambiguës de narrations médiatiques-ont recours à des modes discursifs d'énonciation.C'est souvent le cas lorsque le présentateur d'un journal télévisé nous interpelle pour nous raconter l'actualité.Ou lorsqu'un éditorialiste nous prend à partie, avec force déictiques, pour reconfigurer pour nous (avec nous...) le sens des événements de Factualité.A ces deux formes opposées d'énonciation délimitées par Benveniste dans le cadre général de la langue, je propose donc de faire correspondre solidairement deux formes opposées d'énonciation narrative.Avec la narration à tendance discursive, une priorité est donnée à l"opacité de la médiation racontante.A l°autre extrême du spectre énonciatif, une narration à tendance historique laisse s'exprimer toute la transparence du monde raconté en occultant autant que factors relevant to the process must be taken into consideration››.T.
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