Bien que parthenos, Athéna est appelée mère par les Athéniens ; le mythe d’Érichthonios est censé expliquer ce paradoxe. Il existe pourtant bien des mentions non athéniennes d’une Athéna mère, qui exigent un autre type de justification. Partant des passages de l’Iliade où la déesse est comparée à une mère, on constate que, tout au long du poème, la figure maternelle d’Athéna est construite en relation avec d’autres déesses authentiquement mères, avec qui elle a en partage un certain type de gestes protecteurs, exprimés par un même vocabulaire. La présence de sèmes communs entre maternité et protection militaire, facilitée par la pensée analogique grecque, se voit encore dans les rites et les cultes des cités de la Grèce post-homérique, où Athéna se fait la gardienne et la mère du corps civique en son entier comme de chacun de ses individus. Pour autant, elle ne patronne qu’une fraction de la maternité grecque, ce qui s’explique par le caractère collectif de la trophê du jeune Grec.
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