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Article disponible en ligne à l'adresse https://shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2010-1-page-6?lang=fr Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info.Distribution électronique Cairn.infopour Éditions Antipodes.Vous avez l'autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d'utilisation de Cairn.infoou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l'autorisation de l'Éditeur ou, le cas échéant, de l'organisme de gestion collective habilité à cet effet.Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l'organisme agréé en la matière.6. | NQF Vol. 29, No 1 / 2010 Édito Entre contrainte et ressource : les mouvements féministes face au droit Laure Bereni, Alice Debauche, Emmanuelle Latour et Anne RevillardN'y a-t-il pas un paradoxe à explorer, dans ce deuxième volet des «Lois du genre», les rapports entre féminisme et droit?Comme l'illustrent plusieurs contributions du premier numéro («Le droit à l'épreuve du genre», NQF, 28 (2)/2009), la théorie féministe francophone a longtemps été très méfiante à l'égard du droit.De fait, les mouvements féministes radicaux, qui ont constitué le centre de gravité de la deuxième vague du féminisme dans les années 1960-1970, ont souvent considéré les normes et arènes juridiques comme des piliers des institutions patriarcales à combattre (Lovenduski, 1986;Katzenstein et Mueller, 1987;Picq, 1993;Ferree et Hess, 2000;Jenson, 2000).Au-delà des dimensions explicitement inégalitaires des systèmes juridiques mis en place depuis le XIX e siècle (cf.le Code Napoléon français, instauré en 1804), les féministes radicales ont fustigé la fausse neutralité des dispositifs juridiques qui, à partir des années 1960, ont été progressivement expurgés de leurs caractéristiques les plus explicitement discriminatoires, sous l'effet de la progression du principe de l'égalité formelle entre les hommes et les femmes.Les analyses féministes radicales du droit issues de ces mouvements ont en effet critiqué l'influence des théories libérales sur l'application de la loi et l'interprétation du droit, influence jugée fondamentalement défavorable aux femmes.Le fondement contractuel du droit civil, supposant égalité des parties et autonomie de la volonté des contractants, a été dénoncé comme une illusion au regard des inégalités structurelles qui perdurent entre les femmes et les hommes (contrats de mariage induisant un partage inégalitaire du patrimoine, contrats de travail à durée déterminée, à temps partiel ou à horaires fractionnés, assurant une rémunération inférieure de 20% à celle des hom-mes…).Ces mouvements radicaux ont par ailleurs mis en cause l'attitude des juges, estimant que ceux-ci rendaient des décisions entérinant l'ordre patriarcal.Ainsi, tant dans leurs agendas que dans leurs répertoires d'action, les Éditions
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