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Dans cet exposé, je souhaiterais procéder à la réhabilitation du temps en sémiotique visuelle1. La question a été largement occultée, l’énoncé visuel étant toujours sous le contrôle de la spatialité sans envisager de prise possible avec le temps. Deux exceptions doivent cependant être mentionnées, celle attendue du cinéma en tant qu’image mobile et celle de la photographie, dont le statut indiciel fut à peu près systématiquement étudié à l’aune de la temporalité par l’intermédiaire du « ça a été » de Barthes. Il semble pourtant indispensable d’élargir la question de la temporalité à l’ensemble des objets visuels et je souhaiterais examiner plus précisément comment l’espace pictural construit cet effet de sens. Suivre cette voie revient pourtant à ouvrir une boîte de Pandore et je prie d’auditoire de bien vouloir excuser la tonalité très générale en même temps que l’incomplétude de cet exposé qui ne saurait être qu’une ébauche. Je fais l’hypothèse que la temporalité est la signification séminale du tableau et, en guise de première validation, je soutiens que les principaux genres de la peinture occidentale correspondent à différentes spécialisations du temps. L’autonomisation du portrait consacre la constitution de l’individu à la fin du Moyen Age commentée par l’anthropologie2. Todorov3 montre que la peinture flamande décrit cette émergence de l’individu en le situant dans le temps, en représentant les saisons mais aussi les ombres qui singularisent les visages et introduisen
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