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En s’appuyant sur une série de cartes réalisées à partir du recensement 2004 à l’échelle de 4800 îlots pour la ville d’Amman, cet article rend compte des disparités sociales particulièrement grandes au sein de la capitale entre « est » et « ouest ». Les cartes de densité de population, de type de bâti, de structure des ménages, d’âge et d’activités ont été réalisées en collaboration avec le service d’information géographique de la municipalité du Grand Amman en 2008. Parmi ces diverses cartes, celle de la structure des ménages et du pourcentage d’enfants de moins de quinze ans montre clairement la division des quartiers entre est pauvre et surpeuplé et ouest plus aisé et moins dense. Ainsi l’ouest d’Amman s’étend-il de Jabal Amman à Khalda entre les Wadi Hadadeh au nord et Deir Ghbar au sud. L’est d’Amman comprend le centre historique et plus de la moitié de la ville vers le Nord et le Sud, et une quinzaine de quartiers informels très denses développés autour des camps palestiniens de Jabal Hussein et Wahdat. L’article analyse les politiques publiques de réhabilitation des zones informelles et de logement social conduites depuis les années 1980. De 1980 à 1997, la Jordanie a fait école dans le domaine de la réhabilitation des quartiers pauvres des villes orientales en étant le premier pays arabe à appliquer l’idéologie développementaliste nouvellement promue par la Banque Mondiale en Amérique latine et en Asie, qui consistait à faire participer les populations des zones informelles à toutes les étapes de rénovation de leur habitat et à leur permettre d’accéder à la propriété via des prêts sur le long terme garantis par l’État. Mais à partir du processus de paix israélo-palestinien (accords d’Oslo de septembre 1993 et de Wadi Araba en janvier 1994), le gouvernement jordanien via la Housing and Urban Development Corporation (HUDC) modifia ses modes d’intervention dans les camps et les zones informelles du pays, pour se concentrer sur la seule provision de services, avec une priorité sécuritaire évidente. Depuis 2005, toute une politique de logement social a été lancée, accélérée à partir de 2008 avec la campagne royale d’un “logement décent pour une vie décente”. Un “fond de développement local” a été créé au sein de la municipalité d’Amman afin de financer le logement social à partir de la taxation des étages supplémentaires des tours de luxe construites dans la capitale, mais il est peu efficace car non coordonné avec le HUDC.
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