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La nuit pose un sacré dilemme au géographe dont le premier outil de travail est l'œil.Ne lui demandet-on pas, tout au moins dans la phase initiale de sa quête, d'observer et de décrire d'une manière satisfaisante les surfaces de la Terre, quitte par la suite à les expliquer de long en large.Que ces surfaces se présentent sous la forme d'une rue, d'une ville, d'une forêt, d'une rivière ou d'un pays, le géographe doit d'abord dire ce qu'il voit.L'ordre logique de son travail commande au premier round une description fondée sur la perception visuelle des phénomènes et des lieux.D'autres domaines de la connaissance, la philosophie par exemple, les mathématiques aussi, la théologie, la psychologie, l'économie, l'histoire peut-être !peuvent à la rigueur s'accommoder d'une cécité totale ou partielle, mais pas la géographie.L'importance que les géographes accordent à la perception visuelle et à la description se traduit d'ailleurs dans leurs écrits, où il est fait grand usage des verbes voir, observer, regarder, remarquer, apparaître ou de leurs dérivés, comme dans les petits segments de phrases suivants pris au hasard des auteurs : « la région apparaît comme...», «si l'on regarde de près ces étendues...», « des bosses éparpillées s'offrent à la vue... », « les montagnes qui se profilent sous l'œil de l'observateur... »,
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