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La négociation et la législation ont longtemps négligé les spécificités de l’activité des cadres. Les lois Aubry sur les 35 heures au début des années 2000 ont proposé de comptabiliser les temps de travail des cadres au plus proche de la réalité quotidienne. Cet article fait le bilan de ces initiatives, pour chercher à comprendre si de nouvelles manières d’évaluer, mesurer et classer les temps ont répondu aux attentes de cette catégorie socio-professionnelle. D’abord, nous traitons du problème historique de la mesure des temporalités comme objectivation et limitation de la durée du travail. Ensuite, nous examinons les critiques que les cadres expriment à propos de leur vie professionnelle. Les activités-écran empêchant les cadres de mener à bien leur mission, la pression temporelle, mais aussi les tensions sociales qui s'expriment sur le lieu de travail, provoquent des oppositions plus ou moins affirmées. Enfin, nous indiquons les limites d’une analyse qui traite des cadres comme catégorie homogène sans prendre en compte les lignes de fracture qui les opposent. Si la mesure des durées du travail assure une protection certaine contre le débordement des temps professionnels, elle ne peut pas constituer, en elle seule, un moyen général d’amélioration des conditions de travail.
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