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En mars 2001, on s’en souvient, à la suite d’un décret du Mullah Omar, les talibans procédèrent à la destruction, à coups d’explosifs, des deux Bouddhas géants de la falaise de Bamiyan en Afghanistan. Les démarches, vaines, tentées par l’UNESCO, par diverses organisations et par plusieurs gouvernements pour dissuader les talibans d’accomplir l’acte iconoclaste, puis l’émotion presque universelle, pays musulmans y compris, exprimée devant ce qui fut considéré comme un sacrilège, ou du moins comme un acte de barbarie, firent ressortir, autant que le deuil d’une œuvre appartenant au patrimoine de l’humanité, une confrontation entre des valeurs apparemment inconciliables : condamnation des images taillées et de l’idolâtrie, d’une part, préservation, voire « culte » même de ce que l’Occident, et pas seulement l’Occident, considérait comme un bien commun, universel, de l’autre. Dans cet article, on aborde, par delà les événements factuels, les enjeux et les valeurs exprimés dans l’argumentation des parties en cause : les bouddhistes, la population afghane et le public occidental.
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