L’analyse taphonomique, technique et morphométrique des objets de parure de la sépulture de l’enfant de La Madeleine (Tursac, Dordogne) permet de reconstituer les techniques de fabrication, les modes d’assemblage et le degré d’utilisation de ces objets. Les dentales ont été tronçonnés par flexion et sciage pour produire des tubes de 6-7 mm de longueur et au moins 1,8 mm de diamètre. La morphométrie des aiguilles découvertes dans les couches d’habitat et la présence de fractures et usures caractéristiques sur les dentales indiquent que ces derniers ont été brodés à l’aide d’aiguilles fines sur l’habit de l’enfant et portés de son vivant. La petite taille des tronçons de dentales et des autres objets de parure en coquillage (turritelles, néritines, cyclopes et Glycymeris), significativement différente de celle des mêmes espèces découvertes dans les sites d’habitat et dans les sépultures contemporaines, démontre que cette ornementation a été spécialement conçue pour l’enfant et semble indiquer que cette classe d’âge jouissait d’un statut social propre dans les sociétés de la fin du Paléolithique supérieur. Le grand nombre d’objets impliqués et le grand investissement de temps nécessaire à la réalisation de cette parure évoquent une motivation qui dépasse l’affection parentale et pourraient constituer l’indice d’une stratification sociale à base héréditaire. Malgré la date tardive récemment obtenue pour cette sépulture (10 190 ± 100 BP), son mobilier funéraire s’enracine dans le monde magdalénien, comme ceci est démontré par la comparaison avec le mobilier issu des couches d’habitat.
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