Le déclin des villes n’est pas un phénomène récent. De nombreux travaux ont analysé les causes et les manifestations de ce processus, inséparable de l’histoire des villes. Si, jusqu’aux années soixante-dix, le déclin urbain était l’apanage quasi exclusif des pays développés, depuis les années quatre-vingt-dix, le nombre de villes en déclin atteint à l’échelle mondiale plus du quart des villes de plus de 100000 habitants, témoignant d’un modèle internationalisé de Shrinking Cities. Alors que les processus de déclin urbain ont pris à la fois une ampleur croissante et de nouvelles formes, inscrivant ce phénomène dans une dynamique de plus en plus globale, leur étude peut être l’occasion d’un changement de paradigme par rapport aux analyses traditionnelles de la croissance et du changement urbain. Tandis que le contexte contemporain de mondialisation s’accompagne d’une accentuation et d’un renouvellement des formes de désindustrialisation et de suburbanisation, comme d’un profond changement démographique dans les pays développés, la croissance urbaine n’a plus rien d’acquis tandis que le déclin urbain, loin d’être une exception ou une aberration, peut être analysé comme un phénomène potentiellement global.
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