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Le cours de la recherche à où l'on pouvait s'attendre à voir les théoriciens des relations internationales, sont venus les géographes.Certains d'entre eux ont entrepris, depuis quelques années, une réflexion sur le sens de la géopolitique dans le contexte de l'après-guerre froide.Cette réflexion débouche à la fois sur une déconstruction inédite de la discipline géographique et sur des questionnements utiles pour l'analyse des relations internationales.Par exemple, comment se constitue le savoir géopolitique ?Comment peut-on concevoir un espace politique mondial ?Y a-t-il un savoir-faire géopolitique ?Qui en a la maîtrise ?Ce qui manque, toutefois, dans cet ensemble de réflexions, c'est la question du « pourquoi ».À quoi sert, en effet, la géographie politique, ou la géopolitique, dans le monde de l'après-guerre froide ?À quoi sert-elle, en particulier, du point de vue des relations internationales ?Le but de cet article est autant de présenter les travaux des géographes que de montrer la pertinence de cette nouvelle problématique pour d'autres domaines (notamment les relations internationales), mais aussi pour d'autres types d'interrogations, tel l'usage politique de l'imaginaire. Repenser le monde, repenser la géographie politiqueLa chute du mur de Berlin est devenue une sorte d'image d'Épinal, représentant le passage d'un monde cloisonné de multiples façons à un monde fluide, « globalisé », où non seulement la grande division bipolaire, mais des centaines d'autres « murs » ont volé en éclats.Les thèses sur la globalisation qui s'étaient développées au milieu des années quatre-vingt, comme celle du Japonais Ohmae Kenichi, se limitaient à des visions d'un monde sans frontières, où une certaine euphorie tenait souvent lieu d'argumentation.Les réflexions sur ce type de questions qui se sont fait jour au début de la décennie suivante ont produit des débats autrement plus complexes, par exemple sur la notion d'ingérence.Le rôle du marché et celui de l'État, la transnationalisation des mobilisations politiques, l'articulation du global et du local sont autant de sujets qui montrent que des lignes de partage que l'on croyait aussi solides qu'un rideau de fer pourraient bien partager le sort de l'autre.Mais quand les frontières ne sont pas supprimées, transgressées, contournées ou renégociées, quand on suppose simplement qu'elles sont nécessaires au fonction-Géographie et pouvoir par
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