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Quelles sont les mutations du comparatisme international pratiqué par les historiens pendant les trois dernières décennies, depuis l'âge d'or des années 1970 et 1980, quand ils se passionnaient pour le regard comparatif, par l'exception française, par la « voie spéciale » allemande, par le modèle scandinave, par les spécificités de l'Espagne, de l'Italie, des Pays-Bas, par l'American exceptionalism, par le miracle japonais ? Trois interprétationsLes débats historiographiques sur le comparatisme s'articulent autour de trois interprétations des mutations récentes.Selon la première, le comparatisme serait en déclin chez les historiens, suite à une critique majeure : le comparatisme nous conduirait à une définition rigide des nations comparées, donc à une fermeture et non à une véritable ouverture des historiographies nationales.Par conséquent le comparatisme international est remplacé de plus en plus par l'étude des transferts internationaux des hommes, des marchandises, des capitaux, des idées et des valeurs, par « l'histoire connectée ».C'est précisément l'étude de ces transferts qui produirait un esprit d'ouverture internationale.Une telle critique du comparatisme international a été présentée en premier lieu en France dans les années 1990 par Michel Espagne 1 .Aujourd'hui cette tendance est probablement plus manifeste dans la recherche allemande.1 Michel Espagne, « Au-delà du comparatisme », dans Michel Espagne (dir.),Les transferts culturels franco-allemands, Paris, PUF, 1999, p. 35-49 ; « L'horizon anthropologique des transferts culturels », numéro spécial, Revue germanique internationale, n° 21, 2004 ; et « Les transferts culturels », H-Soz-u-Kult, geschichte.
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