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ITALIENNES 'Édition moderne de la première grande anthologie néo-pétrarquiste, les fameuses Rime diverse di molti eccellentissimi autori, due aux soins attentifs de Franco Tomasi et Paolo Zaja, ne saurait assez être louée pour la qualité de sa présentation, et parce qu'elle donne enfin à lire un recueil, rare, souvent allégué et finalement mal connu. Ce sera l'occasion de proposer quelques remarques sur la diffusion de ce recueil, et plus généralement des anthologies poétiques italiennes au XVI e siècle et leur réception en France.En , dans une étude alors novatrice, Joseph Vianey mit en lumière certaines des sources littéraires où les poètes de la Pléiade avaient puisé: les anthologies de poésie lyrique, vénitiennes principalement, qui se multiplièrent à partir de , offrant des sonnets choisis de plusieurs centaines d'auteurs.L'ouvrage de Vianey, complété par une liste des principaux recueils, avait été permis par les travaux d'Hugues Vaganay, bibliographe et fin bibliophile qui avait su réunir une importante collection de ces livres rares.Grâce à lui, Vianey inventa la notion de pétrarquisme français, qu'il définissait comme l'influence des néopétrarquistes italiens, utilisant une notion tout autre que critique, qui interdisait de concevoir en termes dynamiques le travail de lecture et d'imitation auquel se livrèrent les poètes français.À la suite d'une tradition déjà longue, il faisait de cette influence l'expression d'un art de cour et la chargeait d'un certain nombre d'implications morales négatives. L'ouvrage de Vianey marqua plus d'un demi-siècle d'histoire littéraire, et lui imposa ses conclusions: les poètes français n'auraient cessé de suivre les Italiens; ils avaient commencé par les néo-pétrarquistes de la findusiècle précédent; Tebaldeo, Chariteo, Serafino dell'Aquila, en qui Vianey voyait le «père de presque tous les sonnettistes français»; au cours d'une deuxième période, ils auraient découvert l'école bembiste; après enfin, le goût maniéré des quatrocentisti et des poètes méridionaux serait revenu à la mode, et le grand modèle aurait été Angelo di Costanzo. Pour documentéeq u 'elle était, la thèse de Vianey ne pouvait pourtant qu'aboutir à une double aporie.Elle insistait sur le rôle de ces «modernes Italiens» que Du Bellay invoquait dans la Deffence comme les champions du sonnet, et elle négligeait Pétrarque.À la suite de ces prémisses, Vianey négligeait nécessairement la rivalité qui opposait Ronsard et ses suiveurs au fondateur de la poésie toscane et le rôle que jouait la persona poétique de Pétrarque dans l'éthos d'une poésie lyrique fondée sur une référence explicite.Marqué par le mythe romantique de l'originalité, Vianey d'autre part ne pouvait pas comprendre l'esthétique de l'imitation à l'oeuvre dans la poésie du
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