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Le temps de la conscription, révolu depuis 2001, a puissamment ancré dans les représentations du sens commun l’idée que le quotidien des soldats est fait d’attentes et d’ennui, autant de « temps morts » que les soldats cherchent à occuper tant bien que mal. La disponibilité juridique des militaires a des conséquences très concrètes sur l’organisation de leur travail et informe leur rapport au temps engagé dans l’activité de préparation au combat. L’attente fait partie du « boulot ». Elle est à la fois un levier de pouvoir et un effet induit par l’organisation du travail militaire. L’idée du présent article n’est pas de scruter le « temps de l’engagement » par rapport aux temporalités sociales structurant les biographies, mais bien le temps dans l’engagement, lorsque les troupes sont au travail. Durant leur préparation au déploiement opérationnel, se transmettent des attentes et des anticipations sur ce que sera le combat. Ce faisant, le collectif militaire s’entretient. De l’attente on passe aux attentes, et les maximes militaires sur le temps d’attente deviennent révélatrices du rapport entretenu par les soldats à la temporalité objective du combat.
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