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La décolonisation du Cameroun a été marquée par une violence dont la responsabilité a été attribuée d'un côté au pouvoir colonial, de l'autre à une stratégie réfléchie de l'Union des Populations camerounaises et la lecture des événements se fit à travers les lunettes de l'anticommunisme et du « tribalisme ». Les très nombreux documents aujourd'hui accessibles, montrent tout à la fois la pertinence et les limites de ces deux interprétations. l'UPC interdite après les événements sanglants de mai 1955, fut un mouvement patriotique ; mais elle choisit une stratégie d'affrontement qui la conduisit au terrorisme sur le modèle algérien, sans posséder la capacité politique et militaire de ce dernier. Après, la mort de son leader historique, Ruben Um Nyobè, en septembre 1958, elle fut aspirée dans la spirale de l'extrémisme et récupérée dans le camp anti-occidental. En 1960 , elle choisit la voie du terrorisme généralisé et une guerre civile qu 'elle ne contrôle pas véritablement en pays bamiléké. Isolée dans le pays, désavouée à l'extérieur et surtout à l'ONU, neutralisée par la politique de répression et de ralliement du gouvernement Ahidjo, l'UPC se voit confisquer l'accès au pouvoir au moment de l'indépendance.
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