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Les termes Nord et Sud, s’ils ne peuvent fonder une délimitation spatiale objective, peuvent être maintenus comme cadre d’analyse pour comprendre les transformations de certains espaces. Une optique relationnelle (le Sud prend son sens du Nord et réciproquement) permet d’éviter toute substantialisation. L’analyse s’appuie sur les exemples de Gênes et Valparaiso, à l’articulation entre patrimonialisation et projets de réhabilitation urbaine. À Valparaiso, la mobilisation de références et de modèles de ville n’est pas le reflet d’une simple domination du Nord sur la ville, mais traduit l’utilisation de ces références du Nord par des acteurs locaux qui en tirent un surcroît de légitimité. Ces références au Nord se construisent localement. Ceci met en évidence le rôle des imaginaires du Nord ou du Sud : la reconstruction sur un mode nostalgique du patrimoine des migrants anglais à Valparaiso accompagne la gentrification des quartiers patrimoniaux tandis qu’à Gênes se développe dans les années 1980 une image du centre historique comme ville du Sud répulsive. Cette commune utilisation des références Nord et Sud appelle à des comparaisons attentives aux phénomènes de mélanges et à l’imbrication des types d’espaces. La distinction Nord-Sud reste donc essentiellement symbolique, fonctionnant sur le plan des imaginaires.
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