Beaucoup de rebelles touareg au Mali tiennent un discours nationaliste en revendiquant une zone autonome dans le nord du pays ou même un État-nation qui regrouperait toute la « nation touarègue » (temust) de la sous-région. Ce discours s'oppose à la scission du mouvement rebelle en plusieurs groupements politico-militaires indépendants se combattant parfois militairement. On peut démontrer que les différences entre les mouvements rebelles ne reflètent pas uniquement des divergences d'orientations politiques actuelles, mais renvoient aussi à des relations d'hostilité ou d'alliance entre des tribus ou des confédérations de tribus. Ces relations ne remontent cependant pas très loin ; elles ont pris leur forme actuelle au début du siècle, lors de la pénétration coloniale. C'est dans le contexte de la conquête que quelques tribus ont perdu de l'influence, que d'autres ont pu profiter de la situation du bouleversement en élargissant leur zone d'influence, pendant que d'autres encore ont simplement été créées par l'administration coloniale dans le cadre de sa politique de diviser pour régner.
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