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L'étude des habitats du Paléolithique inférieur et moyen du Nord de la France, dont les vestiges proviennent de formations superficielles, est rendue difficile en raison de la présence d'une épaisse couverture limoneuse, de leur étendue et de l'absence de limites naturelles. Les occupations humaines concernent plus un site étendu (lit majeur de rivière au pied d'un talus crayeux, vallon) qu'un endroit restreint topographiquement bien délimité. La grande majorité des gisements se situe à proximité d'un cours d'eau, le plus souvent dans le lit majeur d'une rivière, dans un site de confluence, à proximité d'un talus crayeux ayant fourni de la matière première (silex). L'importance de ces facteurs est peut-être exagérée par le fait que ces types de site favorisent la sédimentation (dépôts fluviatiles fins et lœss) et, donc, indirectement, la conservation des vestiges laissés par l'Homme. L'organisation spatiale des gisements est traitée à partir des exemples des gisements de Cagny-l'Epinette (Acheuléen de la Moyenne Terrasse III du bassin de la Somme), Biache-Saint-Vaast (phase ancienne du Paléolithique moyen, d'âge pléistocène moyen récent) et Seclin (phase récente du Paléolithique moyen, d'âge weichsélien). A Cagny-l'Epinette, l'examen de la distribution des différentes catégories de vestiges révèle que le matériel de la séquence fluviatile fine ne se répartit pas de façon aléatoire mais qu'elle correspond à une certaine organisation avec des zones à vestiges spécifiques dominants (bois de cervidé, outils). A Biache-Saint- Vaast, plusieurs niveaux (II base, D1, D) constituent des sols d'habitat avec présence de secteurs bien individualisés marqués par la prédominance d'une catégorie particulière de vestiges (faune, débitage, outils, rognons). A Seclin, l'étude de la répartition des artefacts en silex, qui sont les seuls vestiges conservés, montre que leur localisation est tributaire de l'évolution morpholoqique du site. Il apparaît donc que l'étude des habitats du Paléolithique inférieur et moyen du Nord de la France nécessite la réalisation de grands décapages de façon à pouvoir essayer de comprendre l'organisation des vestiges qui est plus difficile à interpréter qu'au Paléolithique supérieur en raison de la nature de la documentation existante et, peut-être aussi, d'un comportement humain différent.
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