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A partir du milieu des années 1980, un nombre croissant de chercheurs en sciences sociales se sont intéressés à la « mémoire » pour renouveler des approches disciplinaires dont la valeur heuristique leur semblait en voie d'épuisement.L'anthropologie y a vu un moyen de contourner les apories de la notion de « culture » 1 , l'histoire une manière de renouveler tant l'étude des « mentalités » que celle de l '« événement » 2 • Vingt ans plus tard, ce qui a depuis pris l'ampleur d'un« memory boom »fait à son tour l'objet de nombreuses critiques 3 .Celles-ci partent notamment du constat de la relative impuissance des analyses existantes à expliquer l'inflation des questions mémoriellesà laquelle elles ont d'ailleurs largement contribué -pour poser ouvertement la question de la cumulativité de recherches désormais si nombreuses qu'il est matériellement impossible pour un seul chercheur d'en prendre intégralement connaissance.Depuis peu, conscients de l'impasse dans laquelle se trouvent effectivement les travaux qui prennent la« mémoire » pour objet, plusieurs chercheurs œuvrent à la mise en place d'un champ de recherches intégré4, voire d'une nouvelle discipline 5 : les memory studies.Celles-ci comptent désormais des centres de recherches 6 , des lieux d'échange * Sarah Gensburger, née en 1976, est chargée de recherche au CNRS (Institut de sciences sociales du politique).Ses travaux portent sur la constitution de la « mémoire » en question sociale contemporaine.Elle a notamment publié Les « "Juste!!" de France ».Politiques publiques
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