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Deux fragments d'Empédocle (30 et 115 D.-Kr.) donnent manifestement un sens concret au mot ὅρκος. De récentes études (Benveniste, Leumann), soulignant cette valeur originellement concrète, refusaient le rapprochement traditionnel d' ὅρκος et d'ἕρκος. L'étude littéraire des scènes de serment chez Homère permet de montrer que jurer (ὀμνύναι), c'est d'abord prendre à témoins dieux ou objets, c'est agir au nom d'un ordre cosmique, et que le châtiment du parjure est amené par la transgression elle-même plutôt que par le pouvoir maléfique d'un objet ou par l'intervention d'un dieu. Dans les scènes qui apparaissent comme les plus archaïques, les dieux invoquent les parties du monde et parmi elles l'eau du Styx. Il faudrait peut-être, d'après l'étude des textes (certaines expressions homériques ; la Théogonie ; Hérodote 6, 74), voir dans le Styx originel une muraille qui entoure le monde et assure l'ordre des choses. Ainsi dans la fameuse formule homérique (O 37 s. etc.), le Styx est lui-même « le plus puissant des liens ». Ernpédocle aurait connu la représentation ancienne que recouvre le mot ὅρκος et aurait employé le terme dans le sens concret d'« enceinte, muraille, lien ».
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