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La loi de séparation de 1905 pose le principe de l’indépendance absolue entre État et Églises. On constate néanmoins qu’il est impossible pour l’Église catholique et l’État de s’ignorer mutuellement. Au cours de l’élaboration du projet de loi, s’opposent les libéraux, partisans d’une autonomie totale de l’Église, et les héritiers d’un gallicanisme concordataire, soucieux de maintenir un certain contrôle sur l’Église. La loi de 1905, si elle a pu être ressentie par les catholiques comme une nouvelle persécution, au sortir d’une période marquée par l’anticléricalisme républicain, constitue en réalité le début d’un processus de pacification, que l’on peut considérer comme un nouveau concordat, entre l’Église et l’État. Face à l’unité des catholiques qui, obéissant au pape, choisissent de rester hors-la-loi, le gouvernement français doit composer. Il élabore de nouvelles lois permettant aux catholiques d’exercer leur culte dans la liberté et la légalité. Des positions radicales de chacune des deux parties, seule l’Église, forte de son unité, a pu tenir la sienne. L’Église est ainsi passée du statut de victime de la loi de séparation, à celui de partenaire dans l’élaboration d’un nouveau compromis. En ce qui concerne l’Église catholique, la loi de 1905 peut être considérée comme un texte purement théorique qui n’a jamais trouvé de véritable application.
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