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Xavier Gassmann : C'est autour de trois de vos livres Truismes, Naissance des fantômes et Le bébé, que nous avons pensé cette rencontre.Truismes commence quasiment par l'interdit de la mère à ce que sa fille sorte, au moment même où la jeune fille reconnaît les premiers signes de transformation de la puberté.Que signifie selon vous cet interdit ?Marie Darrieussecq : Vous me rappelez là cet interdit, ce n'était pas conscient, je n'avais pas souvenir que cela coïncidait… mais il y a aussi la misère, elle ne lui donne pas un ticket de métro.Mais c'est surtout un livre où il y a un matricide.Il y a une logique narrative très forte dans le livre qui aboutit au meurtre de la mère parce que c'est la seule façon pour la narratrice d'affirmer qu'elle n'est plus de la même espèce que sa mère, et pour moi, c'est cela la puberté.C'est un personnage qui a oscillé entre deux espèces, entre l'animal et l'humain, elle est arrivée à un point d'équilibre qui lui convient car je pense qu'à la fin du livre, elle est équilibrée et heureuse.Mais la seule façon qu'elle a de dire à sa mère : « Je ne suis pas toi », c'est de la tuer, même si c'est un peu radical. MB : D'habitude cela se réalise dans l'intime du fantasme…Marie Darrieussecq : Oui, n'oublions pas qu'il s'agit d'un roman… la narratrice a une mère telle qu'il faut qu'elle la tue réellement, c'est vraiment une lutte à mort.Le père est par ailleurs, totalement absent, comme dans la plupart de mes bouquins.
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