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L'interprétation de L'Emploi du temps de Laurent Cantet s'effectue dans le cadre d'une approche deleuzienne, notamment sa lecture de Michel Foucault, ses livres sur le cinéma, et son concept de la société de contrôle. Vincent, le personnage principal, est plongé dans un environnement décousu aux dimensions parfois irréelles et liminales, et cette ambiance de ‘flottement’ transmet le paysage affectif du travail immatériel dans l'ère post-fordiste (dans ce cas le consulting). L'analyse de L'Emploi du temps en termes d'un diagramme – terme deleuzien – de composants discursifs et non-discursifs permet de comprendre le fait de privilégier la construction d'une réalité sociale que Vincent trouve problématique et écrasante, plutôt que la représentation d'un drame psychanalytique et purement familial. La théorisation contemporaine de l'hypermoderne et de l'individu hypermoderne permet d'analyser le comportement de Vincent en tant que subjectivité typique produite par une société de contrôle. L'individu hypermoderne est souvent fragile, isolé et instable, sujet aux comportements marqués par l'excès. Tandis que le film précédent de Cantet, Ressources humaines, avait dramatisé d'une manière saisissante une crise de l'identité sociale, L'Emploi du temps dépeint une crise individuelle et collective de confiance.
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