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Plusieurs études ont démontré que les enfants ayant une déficience intellectuelle (DI) sont plus à risque de présenter des manifestations psychopathologiques que ceux au développement typique. Différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer cette plus forte prévalence. L'hypothèse biologique présente un intérêt particulier puisque des anomalies cérébrales sont fréquemment répertoriées chez les personnes présentant une DI. De façon plus particulière, le développement des fonctions executives pourrait être altéré ou survenir plus tardivement chez ces dernières. Puisque des liens ont été retrouvés entre des déficits exécutifs et des manifestations psychopathologiques dans le contexte de troubles du développement, il apparaît pertinent de s'intéresser aux liens entre les fonctions executives et les manifestations psychopathologiques dans le domaine de la DI. De plus, des liens ont été trouvés entre les manifestations psychopathologiques et le sexe, le Qï et l'âge de l'enfant, mais la direction de ces liens varient selon les écrits. Ces éléments doivent être pris en considération, car ils sont susceptibles d'intervenir dans les relations entre les fonctions executives et les manifestations psychopathologiques. Cette étude vise donc l'étude du lien entre les fonctions executives et les manifestations psychopathologiques chez des enfants d'âge scolaire ayant une DI en tenant compte du sexe, de l'âge et du QI. L'échantillon est composé de 122 enfants de 5 à 21 ans présentant une DI (54 filles et 68 garçons). Leurs parents ont évalué leurs manifestations psychopathologiques et leur fonctionnement exécutif à l'aide du Developmental Behaviour Checklist ? Second Edition ? Primary Carer Version (DBC-P) et du Behavior Rating Inventory of Executive Function (BRIEF) respectivement. Les résultats indiquent que les filles présentent un plus haut niveau d'anxiété que les garçons et plus de difficultés sur le plan du contrôle émotionnel. De plus, la métacognition, qui fait référence à la capacité de l'enfant à gérer ses comportements et qui regroupe l'initiation, la mémoire de travail, la planification, l'organisation du matériel et l'autoévaluation, a été identifiée comme jouant un rôle médiateur dans la relation entre l'âge et les comportements centrés sur soi et un rôle de suppression dans la relation entre l'âge et les problèmes relationnels. Aucun lien significatif n'est constaté entre le QI et les fonctions executives. Ces résultats mettent en lumière l'importance de considérer le développement des fonctions executives, plus particulièrement celui de la métacognition, pour expliquer la diminution des comportements centrés sur soi lorsque l'enfant vieillit. À l'inverse, son développement contribue à l'augmentation des problèmes relationnels, car l'enfant devient alors davantage conscient de ses capacités, de ses limitations et de son entourage. Il devient alors important de développer des interventions qui permettront le développement de la métacognition chez l'enfant ayant une DI et des interventions qui permettront de l'outiller pour faire face à ces prises de conscience. Il serait également intéressant d'étudier plus en détail la plus forte prévalence d'anxiété chez les filles et d'étudier si les difficultés de contrôle émotionnel constatées par les parents pourraient y être liées. Enfin, le fait que le QI ne soit pas lié aux fonctions executives chez les enfants ayant une DI soulève la possibilité d'une relation non linéaire entre ces deux éléments qui pourrait être clarifiée par des études futures.
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