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Cet article1 présente une réflexion théorique sur la notion de genre, de ses définitions et ses usages en sciences sociales. S’opposant à l’approche dominante qui conçoit le genre comme identité ou attribut socialement construits des personnes, conception qu’elle considère comme essentialisante ou substantialisante, l’auteur argumente en faveur d’une approche relationnelle du genre conçu comme modalité des relations sociales. Elle se fonde pour cela sur des travaux d’anthropologie comparative et historique qui contraignent à reconsidérer le dualisme du moi et du corps constitutif de l’idéologie individualiste de la personne, et critique l’hypostase du Moi comme homoncule constitué à partir d’une absolutisation de la première personne. Analysant le système sexué des trois personnes grammaticales, elle soutient que, n’étant pas référentiel, « le je de l’interlocution n’a ni sexe, ni genre ». Les apports croisés de l’anthropologie et de la philosophie analytique la conduisent à revoir la notion de personne pour mieux penser la capacité proprement humaine de se reconnaître comme d’un sexe sans être jamais assigné à celui-ci.
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