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Après la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de l’Europe, dont les missions sont de promouvoir la démocratie, de protéger les droits de l’homme et l’État de droit en Europe, a fait de la construction d’une « Europe des langues » une priorité, convaincu que l’éducation à la diversité linguistique et culturelle favoriserait la stabilité démocratique et permettrait de sortir des nationalismes étroits. Le Conseil de l’Europe mène ses actions de promotion du plurilinguisme, de la diversité linguistique et de l’apprentissage des langues dans le domaine de l’éducation dans le cadre de la Convention culturelle européenne (1954), ratifiée par 49 États.Relayée aujourd’hui par l’Union européenne, l’importance accordée à la promotion de la pluralité linguistique est renforcée par la crainte de voir de nombreux pans de la société européenne céder au monolinguisme anglophone. Dans la perspective de la construction d’une Europe des langues, les institutions scolaires apparaissent comme des relais efficaces, à la fois pour la valorisation et le développement des plurilinguismes et pour la réflexion sur la place qu’il conviendrait d’aménager à l’anglais.Pourtant, malgré les efforts déployés par les instances européennes, l’anglais occupe aujourd’hui une position hégémonique consolidée dans de nombreux secteurs — dont les domaines éducatifs — en France comme en Europe. De tels constats montrent qu’il est désormais temps de réfléchir, en particulier d’un point de vue didactique, à la diversité linguistique en associant la question de la centralité de l’anglais, envisagé non pas comme un objet uniforme, mais comme une langue multiple et contextualisée.
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