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Il y a plus de quarante ans, les analyses de Michel Foucault (1975) nous invitaient à envisager les réformes de la prison comme un mode de reproduction du système carcéral luimême.Alors qu'une réforme pénale vient d'entrer en vigueur (Loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales) et qu'un nouveau projet de loi relatif au droit des étrangers et de l'asile est en cours d'élaboration, ne faut-il pas s'interroger à nouveau sur le sens des récurrentes visées réformatrices des espaces d'enfermement, qui, si l'on en croit le philosophe, n'auraient finalement de cesse que d'assurer la survie même de ces institutions complètes et austères de la réclusion ?Comme il le formule concernant spécifiquement le cadre carcéral : La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même.Elle en est comme le programme.La prison s'est trouvée dès le début engagée dans une série de mécanismes d'accompagnement, qui doivent en apparence la corriger mais qui semblent faire partie de son fonctionnement même, tant ils ont été liés à son existence tout au long de son histoire (Foucault, 1975, 271-272).Cette perspective de recherche visant à considérer la réforme carcérale à la fois comme un instrument de gouvernement et comme un processus d'auto-reproduction a largement inspiré les sciences sociales jusqu'à aujourd'hui (Veil, Lhuilier, 2000 ;Artières et al., 2004 ;
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