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Depuis une ou deux décennies, le mécénat des femmes et la possession de livres par les femmes profitent de l' attention des chercheurs. Ainsi la bibliothèque et le mécénat de Marguerite d'York ont été abordes dans différentes publications, notamment dans les actes du colloque du Getty en 1990, parus en 1992. Ce que nous proposons dans cet article est d'aller au-delà du sujet de la possession des livres et de traiter celui de leur utilisation et de leur fonction, ceci non seulement autour de la personne de Marguerite d'York, mais plus généralement autour des femmes de la dynastie burgondo-habsbourgeoise de la fin du XVe et du debut du XVIe siècle. Ce sujet s'inscrit dans une problématique abordée depuis longtemps dans les études des manuscrits: ces magnifiques manuscrits de la fin du Moyen Âge, étaient-ils vraiment lus a l'époque ou n'étaient-ils qu'objets de représentation, de "conspicuous consumption" ?Grace a l'existence d'un certain nombre d'inventaires, nous sommes assez bien informes sur la bibliothèque de la dynastie burgondo-habsbourgeoise aux Pays-Bas. La bibliophilie de Philippe le Hardi, Philippe le Bon, Marguerite d'York et Marguerite d' Autriche est bien connue et aussi bien étudiée. Mais nous croyons que de nouvelles possibilités d'analyse des inventaires n'ont pas encore été toutes approfondies. On oublie trop souvent qu'il s'agit d'une véritable bibliothèque dynastique qui fut utilisée par et pour toute la dynastie, ceci de plus en plus souvent au Cours du XVe siècle : la 'Librairie de Bourgogne'.
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