Cet article se propose de reconsidérer l’histoire et l’état actuel de la comparaison en anthropologie, en établissant une distinction entre deux heuristiques comparatives : la « comparaison frontale » d’une part, où une entité ethnographique étrangère est opposée à un univers supposé comme familier, et, d’autre part, les « comparaisons latérales », où un certain nombre de cas sont confrontés les uns aux autres. Alors que la comparaison frontale a monopolisé l’attention et les questionnements épistémiques pendant les dernières décennies, les discussions méthodologiques et épistémologiques concernant la comparaison latérale ont été laissées de côté, étant jugées comme relevant d’une approche positiviste stérile et datée. Par contraste, cet article examine la persistance, la vitalité et la diversité de la comparaison latérale ; il souligne l’inter-dépendance entre les deux approches heuristiques tout en affirmant qu’il est temps de prendre au sérieux la comparaison latérale.
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