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La découverte des premières représentations féminines remonte à la fin du XIXe siècle (Grimaldi, Italie ; Brassempouy, Landes ; Laugerie-Basse, Dordogne). Elles ont, depuis, été abordées sur un plan tant anthropologique que formel, technique et/ ou symbolique (Piette, 1984 ; Bégouën, 1934 ; Pales, 1972 ; Delporte, 1979 ; Leroi-Gourhan, 1971 ; White, 2006 ; Dupuy, 2007 ; etc.). Les figures «en pied » , type statuette gravettienne, ont particulièrement retenu l’attention des chercheurs délaissant alors ce que H. Delporte nommait des «synecdoques » , les sexes féminins isolés du reste du corps. Cette étude souhaite aborder l’image de la femme dans son ensemble sur un plan diachronique puis synchronique, approche permettant l’analyse des permanences et des variations tant formelles que symboliques. Les représentations féminines (entières ou segmentées) sont connues dès les débuts de l’Aurignacien, en Périgord (Blanchard, Castanet, etc.), en Ardèche (Chauvet) et en Europe du Nord (Hohle-Fels, Allemagne). Tout au long du Paléolithique supérieur ces figures font preuve d’une grande diversité et tout à la fois d’une relative unité formelle. L’analyse stylistique synchronique et diachronique de ces variations montre d’une part l’existence d’invariants appartenant au domaine des universaux et, d’autre part, des variations qui peuvent être révélatrices de traditions culturelles distinctes. La mise en évidence de convergences et de divergences graphiques dans la représentation de la femme permet d’observer la circulation de conventions sur de vastes territoires mais, également, de s’interroger sur la portée sémiologique de ces variations sur une période aussi longue. Nous définirons donc, dans un premier temps, les critères anatomiques permettant d’attribuer une identité humaine ainsi que sexuelle aux figures. Une fois le corpus établi, les figures sont décrites à l’aide d’un répertoire formel classé en attributs/ valeurs et traité par des outils statistiques (analyse factorielle de correspondances, AFC). Cette première analyse permet alors d’observer les variations sur un plan diachronique. Pour les représentations «en pied » , elle souligne des permanences formelles tant pour les rondes-bosses que pour les figures bidimensionnelles et révèle deux conceptions formelles de la femme indépendantes de la technique. Les sexes féminins quant à eux s’organisent en une sériation chrono-stylistique mettant en évidence une dichotomie formelle entre l’Aurignacien, le Gravettien et le Solutréen d’une part et le Magdalénien d’autre part. Une seconde étape, celle de la restitution de ces ensembles graphiques sur un plan régional et chronologique, vient alors enrichir les premières données. Des rapprochements stylistiques peuvent alors être faits entre les sites et les régions à un niveau synchronique. Ces analyses, enfin, fournissent des éléments de réflexion sur la portée symbolique des représentations féminines qui perdurent tout au long du Paléolithique supérieur sur le territoire européen.
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