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Dans la première moitié du XXe siècle, deux théories opposées tentent de rendre compte de la genèse du relief de côtes dans la France de l’Est. L’explication proposée par W. M. Davis (1899) part de l’hypothèse d’une surface plane initiale, à partir de laquelle l’encaissement des cours d’eau permet le dégagement des fronts de côtes. Après avoir, dans un premier temps, suscité beaucoup de critiques, elle est néanmoins adoptée, après le premier conflit mondial, par la majorité des géomorphologues français. À l’inverse, les géomorphologues allemands s’éloignent de la théorie davisienne, pour adopter l’explication proposée par H. Schmitthenner en 1923. Celui-ci rejette l’hypothèse de la pénéplaine, et considère que le relief de côtes est la seule forme de relief pouvant se développer sur une série sédimentaire faiblement inclinée, où alternent des roches d’inégale résistance. Des différences fondamentales de conception de l’évolution du relief, autant que des motivations plus prosaïquement nationalistes expliquent les choix faits par les Écoles nationales. Après la Seconde guerre mondiale, le renouvellement de l’explication du relief de côtes se fait à travers les travaux d’une nouvelle génération de géomorphologues allemands qui, en mettant en évidence l’importance des facteurs climatiques, reviennent à la conception de l’existence d’un aplanissement initial, appelé désormais surface d’érosion.
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