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Comment poser aujourd’hui la question du pouvoir local ? Ne nous renvoie-t-elle qu’aux débats sur la décentralisation ? Et, au Québec, la décentralisation ne se pose-t-elle pas essentiellement en termes d’aménagement ? L’article de A. Germain et P. Hamel vise à montrer que les enjeux du pouvoir local doivent être saisis à l’intérieur d’une perspective élargie qui ne dissocie pas la réforme des institutions locales de l’évolution des collectivités locales face aux restructurations du développement économique, et des forces sociales diverses qui composent aujourd’hui le paysage de la scène locale. Après avoir montré l’évolution de la signification des réformes gouvernementales selon leur inscription dans des conjonctures très différentes (la période d’expansion du début des années soixante, la crise de la fin des années soixante-dix), les auteurs montrent que ce faisant, les rapports entre État et municipalités ont évolué dans le sens d’une affirmation plus dynamique de ces dernières. Ce dynamisme est aussi lié à la crise, aux restructurations de l’économie qui l’accompagnent. Parties prenantes dans l’aménagement des effets de ces restructurations sur leur territoire, les collectivités locales ont, à la fois, joué un rôle supplétif pour amortir les effets de la crise et pris des initiatives, notamment dans la relance de l’emploi. C’est dire que la voie est étroite entre une évolution dans le sens de la dualisation sociale d’une part, et l’amorce d’un développement plus autonome et autocentré d’autre part. À cet égard, les forces en présence au niveau local pèseront de façon décisive sur l’évolution des sociétés locales.
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