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Cet article revient sur les enjeux phénoménologiques, à la fois épistémiques et méthodologiques, soulevés par la recherche scientifique lorsque celle-ci s’intéresse au(x) vivant(s). Cent cinquante ans après A.R. Wallace et la publication de sonMalay Archipelago (1855) (dont je problématise ici un certain rapport à l’animal), j’offre une série d’éléments étho-ethnologiques issus d’un travail de terrain mené sur l’île de Bornéo au contact d’une communauté scientifique chargée de modéliser les logiques adaptatives d’espèces animales en situation de changements écologiques profonds. En actualisant le concept d’Umwelt, je défends l’argument suivant : la multiplicité de mo(n)des perceptifs impliquée dans l’enquête ethno-éthologique oblige à reconsidérer la simple appartenance taxonomique des organismes vivants au profit d’une diversité de registres interactionnels qui, productifs et co-constitutifs, sont ceux de la vie partagée et de ses prolongements transformationnels. En déplaçant de la sorte la focale du travail ethnographique depuis la prise en compte d’entités (pré)constituées – humains/animaux – vers celle de leur (co)constitution – humanimalités –, j’insiste sur l’importance des processus informationnels et communicationnels qui donnent forme à la vie et vie aux formes. C’est ainsi que je me demande, non pas ce que pourrait être une phénoménologie de l’animal ou encore une phénoménologie animale, mais plutôt ce que le partage d’une réalité phénoménologisable produit de rapports différentiels (notamment épistémiques) entre organismes vivants.
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