No open-access location is known for this record yet.
No open-access location is known for this record yet.
Il existe dans la tradition artistique nord-américaine un lien ancien et vigoureux entre paysagistes et écologistes, les deux rôles ayant été parfois réunis chez un individu (Thomas Cole en peinture, Ansel Adams en photographie) ; cette liaison s’est précisée depuis les années 1970 dans toute une série de pratiques photographiques liées au militantisme environnementaliste. Cet article s’attelle à la question de savoir quel(s) rôle(s) les images elles-mêmes ont pu jouer dans ces engagements, et si ce n’est pas plutôt, dans bien des cas, le discours des artistes – voire celui des historiens et critiques, et plus généralement le contexte – qui a explicité des contenus ou des intentions politiques que les œuvres tendaient non seulement à laisser dans le doute, mais parfois à contredire. Trois étapes sont étudiées qui permettent d’esquisser une histoire de cette problématique : a) la création du Parc National de Yellowstone (1872), laquelle aurait été acquise, selon une légende historiographique, grâce à des distributions opportunes au Congrès de photographies du paysagiste-explorateur William H. Jackson ; b) l’œuvre et la carrière d’Ansel Adams, qui trahit le paradoxe d’une photographie de paysage ultrasoignée dont l’aspect classique et consensuel dessert le message conservationniste qui la sous-tend ; c) plusieurs ouvrages et expositions récents (1975-2010) qui ont réuni des œuvres illustrant soit la démythification-déconstruction du grand paysage iconique, soit les diverses modalités de l’altération et de la destruction des paysages naturels, mais conservant des aspects de spectaculaire et de fini léché qui semblent contrevenir au « message » de leurs auteurs.
Loading…
Stored only when both papers are in the corpus — 3 citations exist upstream.
Papers that cite the same references — the relational fallback while embeddings are still backfilling.
Imported from OpenAlex (CC0) — nothing here is generated.