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Comment les discours radicaux contre l’Europe nomment-ils l’adversaire ? On propose d’explorer leur dynamique de nomination en commençant par le curieux hétéro-désignant européiste. Nombre de députés du Parlement Européen qualifient leur propre engagement « d'européiste » (europeista, europäistisch, europeanist) : ils ont des positions pro-européennes. Mais quand le terme est utilisé par des Français, il porte une connotation péjorative et appartient au discours des opposants à la construction européenne, qui parlent alors « d'idéologie européiste » ou de « phraséologie européiste ». C'est ce qui ressort d'une recherche dans les textes des débats du Parlement Européen. Pourquoi européiste a-t-il développé en français un marquage péjoratif ? Dans quels fonctionnements de la nomination polémique s’inscrit-il ? Européiste semble apparaître en français au lendemain de la Première Guerre Mondiale ; attesté notamment dans la Revue Europe fondée en 1923 et quelquefois associé à pacificiste, il porte une marquage axiologique positif, et c’est avec cette valeur qu’il a été calqué en italien et en espagnol, valeur qu’il conserve dans différentes phases de la construction européenne. Il est traduit en anglais (europeanist) ou en allemand (europäistisch), marqués eux aussi positivement, mais moins usuels. En France, il semble aujourd'hui abandonné par les partisans de l'Europe, qui d'ailleurs n'ont pas trouvé d’antonyme morphologiquement symétrique de souverainiste.
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