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Ce texte tente d’abord d’expliquer en fonction de quelles rencontres et interrogations la thèse selon laquelle toute activité de travail est toujours « usage de soi, par soi, par les autres » (Schwartz 1987) s’est progressivement reformulée sous cette forme : toute activité industrieuse est toujours « dramatique d’usage d’un corps-soi », la « dramatique » renvoyant à la nécessité continue de trancher des débats de normes. L’activité humaine étant alors identifiée comme continuité de débats de normes dont le corps-soi est le creuset, il convient alors de se demander comment selon des empans temporels différents, ces débats de normes s’enchâssent, ce qui revient à argumenter comment les rapports en valeur aux milieux de vie et de travail s’incorporent au plus profond du corps-soi, y compris selon les temporalités les plus brèves, « enfouies dans le corps ». Enfin, il est alors nécessaire de comprendre quelle est l’unité énigmatique de cette entité -le corps-soi-, qui accumule de l’expérience et des savoirs, de formes extrêmement diverses, notamment dans leur rapport au langage, qui articule en lui du patrimoine épistémique et une sensibilité axiologique, sans cesser d’être disponible ou contraint aux micro-choix et aux réajustements que la vie ne cesse de lui proposer ou imposer. Reprenant sur ce point partiellement à son compte la distinction de l’idem et de l’ipse, que Pastré a lui-même réutilisée à partir de développements de Ricœur, ce texte se propose de concevoir les débats de normes enchâssés comme le cœur battant de la dialectique de l’idem et de l’ipse.
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