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PRÉFACE.Il y eut cependant parmi ces auteurs des opinions très- différentes, suivant les moyens qu'ils avoient adoptés.Parmi ceux qui se sont occupés de l'étude des ani- maux , par exemple , les uns ont recherché dans leurs habitudes une analogie que la conformation extérieure des corps devoit démontrer fausse 3 d'autres, en consi- dérant seulement la superficie de ces êtres , ont fait des rapprochemens encore moins naturels ; enfin quel- ques-uns , en s'attachant exclusivement à l'examen d'un organe important, l'ont étudié avec tant de détails, qu'ils ont été forcés de saisir et d'indiquer des carac- tères dans les variations les plus légères pour former des groupes que d'autres rapports autorisoient réelle- ment j mais sans avouer ces rapports , de peur de diminuer en apparence le mérite de leur propre système.Dans ces derniers tems , on a reconnu que le but principal de l'histoire naturelle étant la connoissance des espèces , il falloit y parvenir par la voie la plus simple el la plus commode , et pour cela , au lieu d'éta- blir d'abord des divisions principales qui dévoient servir de base et d'indication aux recherches , on a considéré les objets en eux-mêmes j on les a comparés entre eux et avec ceux qu'on a eu occasion de recon- noîtrc par la suite.De là est née la méthode naturelle qui , quoique très -imparfaite encore , corrige chaque jour les erreurs qu'elle a pu commettre , et s'efforce de remplir les lacunes qu'elle voit indiquées d'avance.La méthode naturelle , en suivant la marche ordi- naire dont les idées naissent ,, se classent et se rangent PHEFACE.ix dans notre esprit , en disposant les êtres dans la série la plus convenable à leurs rapports , ne pouvoit établir cette comparaison , qui , ne laissant de choix qu'entre deux propositions, fait le principal mérite des sjstènies.Nous avons essayé de réunir ici les moyens d'étude, La méthode naturelle nous a indiqué les familles et la disposition respective des genres , tandis que le système , employant diverses marches , établissant les inversions nécessaires , nous a présenté continuellement dans les objets les plus éloignés, sous certains rapports, quelques particularités de conformation absolument opposées.Les moyens d'étude employés si avantageusement en botanique pour conduire à la détermination des espèces , ont servi de modèle à ce travail.Nous devons citer en particulier la Botanographie beîgique de M. Lesliboudois , et la Flore française de M. de Lamarck , que vient de perfectionner notre intime ami ^M, Decandolie , qui a lui-même applaudi à notre plan depuis longtems, et qui nous a aidé de ses conseils.Nous ne connoissons que deux ouvrages de zoologie qui aient quelques rapports avec celui cpe nxsus publions j l'un a pour titre : le Guide du Naturaliste dans les trois règnes de la Nature , par M. Van derstegeii de Putte i l'autre est un ouvrage de Brunnicli , sous le titre de Fundamenta entomologiœ .Les naturalistes reconnoîtront facilement que nous nous en sommes peu servi.INous n'avons pas cru non plus devoir suivre le précepte doimé par Linné d'abord , et ensuite par M. Fabriciiis , X PUÉFACE; de tirer les caractères des classes , des ordres et des geiir.esd'une seule et même partie ; mais , en réfléchis- sant sur la nature de la science pour laquelle on a créé cette loi , il est facile de reconnoître que si elle est nécessaire pour la botanique, elle ne peut être égale- laient appliquée à l'étude des animaux.La botanique , la première des sciences naturelles sur laquelle Linné ait porté le flambeau de son génie , a pour objet la connoissance des êtres organisés dont les ibnctions diverses sont comme éparses et répandues uniformément sur toutes les parties , à l'exception peut- être des organes de la génération , qui sont comme concentrés dans la fleur.En effet , ceux de l'absorption et de l'assimilation n'ont pas de siège fixe dans les plan4;es.Le plus souvent ils résident dans les racines , en quelques circonstances dans les feuilles seulement , et quelquefois alternativement sur ces parties ou dans d'autres points de la surface.Les organes de la circu- lation , des sécrétions sont encore inconnus ^et ils sont situés trop intérieurement pour offrir au botaniste des caractères faciles à distinguer.Il ny avoit donc que les organes de la génération et les parties qui les accompagnent le plus ordinairement qui , en conservant les rapports les plus immédiats , offrissent des caractères constans d'après lesquels la nombreuse série des végé- taux pût être divisée , disons mieux , distribuée par groupes ou familles naturelles.Aussi l'idée de cet arran- gemeiil , saisie par le célèbre auteur du Système sexuel , ilit-elle beureuse en résultats.Son travail , qui s'accom- modoit si bien avec la foiblesse de notre esprit, fut reçu PE.EEACE.xi avec un enthousiasme qui n'a fait que s'accroître par la suite.De ce que les botanistes ont observé dans une seule et mémo série d'organes des caractères sufîisans pour établir une méthode de rapprochemens des végétaux , reconnue si bien fondée que les plus grands maîtres ne peuvent môme point espérer d'en élever une autre sur des bases aussi solides , faut-il en conclure que ce précepte doit être également appliqué à la zoologie , et ne peut-on pas s'j soustraire sans être regardé comme hétérodoxe, d'après un autre principe mis en avant par Linné lui-même et par ses imitateurs ?Dans les végétaux , avons-nous dit , toutes les fonc- tions sont éparses j dans les animaux , au contraire , toutes sont plus ou moins isolées.On reconnoît en eux des organes particuliers destinés aux mouvemens , d'autres à la nutrition , plusieurs aux sensations , quelques-uns à la respiration , à la circulation , à la généi^ation , etc. Enfin chacune de ces fonctions présente une foule de différences qui peuvent être considérées comme les meil- leurs caractères.C'est ce qu'il étoit impossible d'observer dans les plantés , puisque la génération est chez elles la seule fonction bien connue.Nous pourrions encore parler ici du grand nombre de modifications que pré- sentent leurs organes sexuels ; de la facilité qu'on a ordi- nairement à les étudier , et de la quantité souvent immense de fleurs et de fruits qu'un seul et même végétal semble offrir à l'observateur.Si la botanique, plus circonscrite dans ses moyens d'étude , en avoit moins aussi d'étendre ses observations joj PRÉFACE; sur un phis grand nombre de parties , parce que les connaissances anatomiques ne l'avoient pas assez éclairée , falloit " il donner comme un précepte que la loi établie pour en faciliter l'élude doit être appliquée éga- lement à toutes les autres parties de l'histoire naturelle ?Kon , sans doute ; et mettant à l'écart cette considération exclusive, on découvre une mine inépuisable de carac- tères frappans qui conduisent, par le chemin le plus court «t par une suite continue d'observations importantes, à un groupe d'êtres indiqués à l'avance par une particularité souvent unique , observée dans la configuration des organes extérieurs.Qu'on ne croie pas que ces caractères , tirés de la forme de parties peu importantes en apparence , n'aient pas néanmoins une valeur très-réelle : la moindre modification dans chacun des organes , même dans ceux du mouvement , est souvent liée par les rapports les plus sensibles avec les organes intérieurs, les fonctions et la manière de vivre de l'individu.C'est la conséquence qu'on pourra peut-être tirer du travail que nous publions.Si les apperçus d'après lesquels nous nous sommes dirigés ne nous ont pas fait trop d'illusion , un grand nombre des familles que nous avons établies parmi les animaux se trouve indiqué par des considéra- tions peu intéressantes en apparence , mais fécondes en résultats.Par exemple , il semble peu important au premier apperçu que la queue d'un lézard soit ronde ou applatie.PRÉFACE.xiij Cependant les espèces de sauriens qui ont la queue comprimée vivent habituellement dans Feau ou dans les lieux aquatiques : ils nagent très-bien; ils s'emparent avec plus de facilité de leur nourriture , et par cela même ils atteignent en général à de plus grandes dimensions.Or , ces mœurs et cette manière d'être diffèrent essentiellement de ce qu'on observe dans les espèces qui ont la queue arrondie.On peut faire la même observation parmi les serpens.Les ophidiens les plus hardis , les plus agiles , les plus robustes 3 ont toujours le dessous du corps garni de larges plaques qui paroissent faciliter leurs mouvemens ; leurs mâchoires sont toujours dilatables et protractiîes : voilà pourquoi ils peuvent avaler des animaux plus gros que leur corps.Pour s'en emparer ^ils sont armés de dents venimeuses ou doués d'une souplesse et d'une force musculaire considérable ; tandis que les espèces de l'autre famille , par cela seulement qu'elles ont la peau recouverte d'écaillés semblables dans toutes les parties du corps , paroissent condamnées à rester petites , lentes , craintives : leur bouche ne peut se dilater ; elles ne se nourrissent que de très-petits animaux , et jamais elles ne sont à craindre.Ces exemples , pris au hasard parmi le grand nombre de ceux que nous aurions pu citer , serviront de preuve à ce que nous avons avancé.Si cependant les scrupu- leux observateurs des règles établies par les auteurs sys- tématiques persistoient à croire que le précepte que nous venons de combattre n'en dût pas moins être appliqué à l'étude des animaux^examinons, sans partialité, les avantages qui pourroient en résulter , et discutons pour XV aux genres hrontes , trichie et bruche , ainsi qu'aux genres ips et hydrophile , ils verront le peu de diffé- rence de ces caractères pris de la bouche , et la difficulté qu'il y auroit à distinguer par leur seul secours ces genres , qui cependant diffèrent tant d'ailleurs.C'est en vain qu'on emploie la foible ressource d'ex- primer des formes semblables , de les signaler par des termes différens -, qu'on éloigne , le plus possible , les genres les plus voisins pour faire trancher les caractèr
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