Depuis une quinzaine d’années, la notion controversée de « décolonisation » occupe l’espace médiatique et académique des Nords comme des Suds. Elle donne lieu à des débats parfois paroxystiques et suscite des mobilisations diverses dans des contextes fort différents. Aujourd’hui, cette notion cristallise et galvanise un « renouveau de la révolte » ancré dans un mouvement épistémique, politique, éthique et intellectuel ancien. Les xxe et xxie siècles voient ainsi une montée en puissance de la prise de conscience et d’efforts collectifs pour comprendre la décolonisation ou la décolonialité comme un projet inachevé et toujours d’actualité, notamment dans l’espace universitaire. Cet article examine la question du tournant décolonial, en interrogeant par la même occasion les possibilités pour l’Association pour l’anthropologie du développement et du changement social (APAD) de prolonger cette réflexion afin d’éclairer les affinités, les résonances et les échos des arguments décoloniaux avec son projet fondateur, et d’identifier quelques enjeux et chantiers.
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