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à travers les revues Gouarné (Isabelle), La VII e conférence de psychotechnique (Moscou, septembre 1931), Cahiers d'histoire, n o 102, octobre-décembre 2007, p. 65-87.Le sous-titre que l'auteur a donné à son article : « Les conditions d'émergence du philosoviétisme dans l'univers de la psychologie scientifique française de l'entre-deuxguerres », illustre ce que Frédérique Matonti a dénommé une « épistémologie engagée », qui, dans le cas de l'URSS, conduisit à accorder le statut d'arbitre de la vérité, dans la science, comme dans l'économie et le reste, à la direction politique du parti communiste.L'exemple choisi ici est celui de la psychologie, à propos de la VII e conférence de psychotechnique, dont J.-M.Lahy 1 , en tant que secrétaire général de l'Association internationale de psychotechnique, organisa à Moscou, en 1931, avec son homologue I. N. Spielrein, s'attachant à n'y faire participer que des personnalités neutres ou sympathisantes de l'URSS, comme Henri Piéron, Henri Laugier, Henri Wallon, et à écarter ses collègues hostiles au régime.L'auteur relève l'absence, notamment, de Georges Politzer et des organisateurs, membres de l'Institut Pelman, du 1 er congrès de psychologie appliquée, en 1929, à la participation duquel Henri Wallon, Henri Piéron et J.-M.Lahy, pourtant pressentis, s'étaient récusés.Il interprète cette ségrégation comme « révélatrice d'une des fonctions qui étaient assignées à ces conférences, à savoir souder les cercles des psychologues français », tout en attestant des clivages qui divisaient la psychologie française.Selon l'auteur, « les relations que J.-M.Lahy entretint avec des psychologues soviétiques s'enracinent dans (un) projet scientifique visant à concurrencer le modèle tayloriste », qu'il avait vivement critiqué et qu'il aurait souhaité introduire en URSS.« Le philosoviétisme de J.-M.Lahy était donc étroitement lié à la fonction politique qu'il attribue aux psychotechniciens » et qui se manifesta par ses nombreux engagements dans l'éducation populaire, dans ses relations avec les politiques des divers gouvernements et dans sa création, au sein du Grand Orient de France, de la loge Agni, dans le but d'« appliquer à l'étude maçonnique des questions sociales actuelles les méthodes de la Science moderne ».Or, pour les dirigeants soviétiques, le rôle de la science n'était pas d'éclairer le projet politique, mais de permettre sa réussite.Néanmoins, pour les autorités soviétiques, la tenue de ce congrès à Moscou fut perçue comme un excellent moyen de propagande et « un exemple éloquent dont le congrès scientifique fut, à partir de 1930, intégré au dispositif de la propagande stalinienne ».L'auteur analyse la panoplie de techniques mises en œuvre : le directeur de l'Institut central du travail, présenté comme un ancien ouvrier en omettant sa trajectoire politique, le dépliant présentant les illustrations du programme de la conférence « représentant une science au service de l'émancipation bulletin de psychologie Groupe d'études de psychologie | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(IP
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