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NDLR : Les illustrations de la notice « Juba », reprises de l'ouvrage de Michèle Coltelloni-Trannoy (1997), ont pu être reproduites grâce à l'aide technique et à l'autorisation de la Rédaction d'Antiquités Africaines (Aix-en-Provence) que nous tenons à remercier très vivement.Juba Encyclopédie berbère, 25 | 2003 1 Les rois de Numidie et de Maurétanie. 1 Le nom libyque Juba (Iuba en latin, loba, lobas ou Ioubas en grec, Iobai en punique), porté par deux rois numides connus de nous, est un nom théophore, comme d'autres noms royaux en Afrique (Sophas/Syphax, Iemsal, Masgaua) : une inscription tardive atteste l'existence d'un dieu Iuba associé au génie de Vanisnesi, à des dii Indirozoglezim et à Jupiter (en Maurétanie Sitifienne, ILS, 4490) ; des tribus ou des lieux devaient sans doute aussi leur nom à cette divinité, tel le fundus Iubaltianensis en Byzacène (CIL, VIII, 11247) ; de simples particuliers le portaient également (CIL, VIII, 5074, à Thubursicu Numidarum ; 9924 à Tlemcen ; 15763).2 Le suffixe latin en -tianus indique l'ancienne appartenance d'un individu à la maison d'un Juba : deux affranchis de Juba II, dont les tombes ont été découvertes à Rome, sont connus sous ce cognomen (Chius Aug (usti) Iubatianus : CIL, VI, 9046 ; Iulia Prima Iuba (tiana) : CIL, VI, 35602) et plus tard, on trouve un évêque Iubatianus à Novarica (Sillègue/ Beni Fouda : P. Mesnage, « Le christianisme en Afrique », Rev. Afr., LVII, 1913, p. 471 et 486).Les deux formations concurrentes (Iubatianus et Iubaltianensis) pourraient indiquer que la transcription latine du nom indigène était mal fixée, Iuba ou Iubal ( ?).Juba I er 3 Juba I er avait pour ancêtre lointain le prestigieux Massinissa dont un petit-fils, Gauda, devint roi de Numidie après la défaite et la mort de son demi-frère Jugurtha, battu par les armées romaines en 105 avant notre ère : le royaume de Jugurtha lui revenait, cependant amputé de ses territoires occidentaux donnés au roi maure Bocchus l'Ancien, en récompense de l'aide active qu'il avait apportée aux Romains auxquels il avait livré Jugurtha (Sall., Jug., 113).À la mort de Gauda, ses deux fils, Hiempsal, l'aîné sans doute, et Masteabar se partagèrent le royaume paternel, selon une coutume Juba Encyclopédie berbère, 25 | 2003africaine également en vigueur pour d'autres successions, celle de Massinissa puis celle de son fils Micipsa, ou bien, en Maurétanie, celle de Sosus.Le royaume de Hiempsal II, qui devint à sa mort celui de son fils, Juba I er , recouvrait le cœur du pays massyle, entre la Fossa Regia (ancienne limite du territoire carthaginois, devenue la limite de la province romaine d'Afrique) et Cirta (Constantine) ; l'un et l'autre furent suzerains du domaine moins important, créé à l'ouest, qui avait échu à Masteabar, auquel devait succéder son fils Massinissa II : cette Numidie occidentale prenait fin au flumen Saua (oued Soummam) qui traçait la limite nord de la Numidie avec le royaume maure occidental, celui de Bocchus II ; elle devait embrasser la Petite Kabylie et la région de Sétif.4 Juba I er dut naître vers 85 car il n'est encore qu'un adulescens lorsque Cicéron le voit à Rome en 63, envoyé en mission diplomatique par son père Hiempsal réclamer un jeune Numide, Masintha, réfugié à Rome ; une altercation surgit entre lui et César, patron de Masintha, qui s'opposait à l'extradition de son protégé et saisit Juba par la barbe (Cic, Leg.agr., II, 58 ; Suét., Caes., 71).Il devint roi peu après, puisqu'il est sur le trône quand le tribun du peuple Curion propose l'annexion de son royaume en 50 (César, Bellum Ciuile, II, 25, 4) : ce fait, qui s'ajoutait à l'incident de 63, dut contribuer en partie à son choix politique quand éclata la guerre civile en 49.On sait que Juba I er , qui possédait un harem à Zama/Jâma( ?)(BellumAfricanum, 91, 2-4), avait plusieurs enfants : l'un d'eux est le futur Juba II, dont la mère est inconnue de nous (la généalogie numide, de Massinissa à Juba II, est connue par les textes littéraires et par une inscription espagnole : ILS, 840).Les peuples du royaume de Maurétanie et de la province d'Afrique Proconsulaire. 5Si les limites occidentale et orientale, au nord du royaume, sont déterminées avec certitude, il n'en va pas de même avec les limites méridionales : la raison ne tient pas seulement à l'absence d'un accident notable du relief, faisant office de borne naturelle, comme l'oued Soummam près de la côte.C'est surtout fonction de la nature du pouvoir royal en Afrique : il n'est pas lié à la propriété d'un sol, mais à une sujétion personnelle des tribus fondée sur des alliances régulièrement renouvelées entre le clan le plus puissant, celui du roi, et d'autres clans ou tribus du voisinage qui gardent leur autonomie.La reconnaissance de la souveraineté d'un chef en tant que « roi » supposait une aide militaire en cas de besoin.Ces traditions expliquent pourquoi le roi Juba I er connut des difficultés avec certaines tribus gétules alors que d'autres acceptaient son Juba
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