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Le 24 avril 2013, 1 127 ouvrières et ouvriers ont trouvé la mort dans l'effondrement d'une fabrique textile -le Rana plazza -dans la banlieue de Dacca au Bangladesh ; on compte aussi plus de 1 000 blessé-e-s (avec de nombreuses amputations).Cet événement tragique, qui ne relève pas de la fatalité, nous montre que les ouvrières et les ouvriers du textile, très mal payé-e-s (entre 29 et 53 euros par mois en moyenne en 2012), travaillent dans des conditions épouvantables et risquent leur vie.Or, le responsable patronal de l'Association des fabricants de prêt-à-porter du Bangladesh (BGMEA) a osé déclarer publiquement que la mort des ouvrier-e-s lui importait moins que « l'interruption de la production causée par les troubles et les grèves ».Les salarié-e-s du Rana Plazza sont non seulement victimes des sous-traitants qui travaillent pour les grandes firmes multinationales, mais également des modes de production, de commercialisation et de consommation caractéristiques de la mondialisation du XXI e siècle 1 .En l'espèce, le problème revêt pourtant une certaine complexité : Kalpona Akhter, ouvrière du textile dès l'âge de 12 ans, renvoyée pour syndicalisme et qui dirige actuellement le Centre pour la solidarité des travailleurs du Bangladesh, soutient en effet que, malgré les très bas salaires, le travail dans une usine textile permet aux femmes d'échapper à la domination patriarcale, constitue par là une source d'empowerment et leur procure une certaine autonomie 2 .Cet exemple signale, s'il en était besoin, la nécessité de ne pas se limiter au cadre franco-français pour prendre la mesure de la 1 Prashad 2013 : 22.2
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