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S&s;il est un nom fameux dans l&s;histoire de la Provence « carolingienne », c&s;est bien celui de Boson dont on s&s;accorde aujourd&s;hui à considérer que l&s;accession à la royauté marqua le véritable début de la dislocation de l&s;Empire. René Poupardin, dans son travail classique sur le royaume de Provence sous les Carolingiens 1 , a donné de son règne un récit nuancé, respectueux de la documentation et tenant compte de ses lacunes; mais les historiens ultérieurs ont lu un peu vite le lourd volume qui concrétisait ses recherches critiques et ils ont interprété ce qui chez lui n&s;était parfois qu&s;hypothèses avancées avec prudence. Nul n&s;hésitant aujourd&s;hui à qualifier Boson « roi de Provence » en mettant sous ce nom une réalité quelque peu différente de ce qu&s;y voyaient les contemporains, on en est venu à affirmer que « Boson, en créant un royaume, semble avoir voulu grouper, sous son autorité et contre les Francs , en un ensemble cohérent , l&s;ancienne Burgondie et s&s;appuyer sur une nationalité » 2 . La mode aidant, qui est de souligner les oppositions ethniques à l&s;intérieur de l&s;Empire, il devient usuel de faire du royaume de Boson un des « royaumes nationaux ». On insiste sur la permanence du groupement des comtés provençaux et sur la continuité entre le gouvernement de Boson et celui de son fils Louis. Déjà A. Fliche avait prétendu que Boson « conserva la couronne jusqu&s;à sa mort survenue le 11 janvier 887 »; sa veuve « gouvernant elle-même la Provence, parvint à faire sacrer roi leur fils Louis à la fin de 889 ou au début de 890 » 3 . Tout récemment, un historien autorisé 4 , après avoir dit que Boson eut « dans sa corbeille de mariage en 877 », la Provence, « cadeau de Charles le Chauve », ajoute: « Quant à la Provence, il se Test réservée... il sait que... depuis la liquidation de la Lotharingie, la Provence est à qui veut la prendre... Boson s&s;est identifié à la conscience bourguignonne ou provençale, celle que l&s;aristocratie portait en elle depuis longtemps... Le Sud-Est a maintenant son roi... » Il s&s;agit du « choix délibéré de l&s;archevêque de Vienne en faveur d&s;un prince territorial ». Il conclut: « Il reprit Vienne et surtout... il fit hommage à l&s;Empereur... et fut réintégré dans l&s;Empire, mais sans que la question de la mouvance — France, Germanie ? — eut été tranchée... Puis il mourut (887), laissant un fils mineur », dont le royaume était bien établi.
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