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La préférence temporelle est un concept théorique important pour expliquer de nombreuses décisions individuelles impliquant un arbitrage intertemporel, notamment l’accumulation du patrimoine. Le modèle standard de l’épargnant (discounted utility) suppose que cette préférence pour le présent est rationnelle, rationalité qui correspond à des choix temporellement cohérents : l’individu ne se contredit pas dans ces choix intertemporels. La mesure quantitative de ce paramètre est le plus souvent assez simple : on fait choisir l’individu entre X euros maintenant et Y euros à une date ultérieure. Cependant, les valeurs obtenues à cette question dans les nombreuses études à notre disposition varient considérablement en fonction des montants envisagés, du type d’enquêtes choisi, des populations étudiées ou encore des biais pris en compte (préférence pour le court terme notamment). Une réflexion à la fois théorique et empirique est ici proposée pour dépasser ce « puzzle » empirique. Le concept théorique de la préférence pour le présent serait moins « paramétrique » et plus « existentiel » (rapport du moi « présent » au moi « futur » au sens philosophique). Empiriquement, cette approche renonce à toute mesure cardinale de la préférence temporelle, lui préférant une quantification ordinale à partir de diverses questions qualitatives concernant différents domaines de la vie tirées de l’enquête PAT€R. Deux applications sur lesquelles se focalise la littérature récente sont proposées à titre d’illustration : la stabilité des préférences (en période de Covid) et leur malléabilité en fonction des politiques publiques (programme d’éducation financière).
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